Article paru dans Midi Libre :

Pendant deux jours, la salle Bauquier fut comble pour accueillir les nombreux spectateurs venus assister au 3e festival des voyageurs, dont le thème était cette année "Beautés du monde". Ce qui fait l'originalité de ce festival, et sa force, c'est sa simplicité et sa sincérité. Il est organisé par et pour des amateurs de périples indédits, qui nous offrent ici leurs images, leurs récits et leurs émotions de routards particulièrement avides des beautés de notre planète, avec une aspiration foncière de nous les faire partager, sans aucune intention vénale. Un appel est d'ailleurs lancé à tous ceux, anonymes, qui souhaiteraient présenter leurs propres reportages. Ils seront les bienvenus.

Tous les festivaliers sont devenus amis grâce à Claudette et Michel Thomas véritables fondateurs de ce festival qui honore notre commune. Ils forment une véritable famille, et ne manqueraient pour rien au monde cette manifestation devenue un classique pour les passionnés de paysages, d'ethnies et de visages de l'humanité.

S'agissant d'un festival des voyageurs, on comprend un peu mieux ce nom de baptême lorsqu'on y a assisté au moins une fois. Grâce à la magie de l'écran, les spectateurs, confortablement installés, sont embarqués à leur tour dans cette bourlingue à travers le monde... Avec cette jouissance unique de vivre des moments exceptionnels sans en subir les incommodités. Images saisissantes ramenées de contrées souvent lointaines, qui témoignent d'un monde insoupçonné loin des sentiers battus et rabattus par le tourisme de loisir. Regards émouvants ou mystérieux, faits de souffrance, de résignation ou de joie. Paysages somptueux, modes de vie éloignés du nôtre. Place misérable et cependant dignité et noblesse de la femme dans des sociétés tribales dominées par les hommes. Ainsi est notre monde, souvent merveilleux et étonnant, parfois bucolique, parfois mystérieux ou dangereux. Car, il faut vraiment avoir le goût de l'exploration, du risque et finalement une passion maladive pour la planète et ses habitants pour parfois oser affronter de telles difficultés, incommodités, inconforts dans des territoires quelquefois interdits. À tout prix "... vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie". Et, pour clôturer, une surprise tenue secrète. L'assistance a eu l'immense privilège de visionner le diaporama de la découverte de la grotte Chauvet en 1994. Les peintures d'animaux datées de 30 000 ans bouleversent tout ce que l'on pouvait imaginer sur cet aspect de la préhistoire. Elles sont une véritable mémoire de l'humanité et font l'objet d'études pour les dizaines d'années à venir. Le spectateur est invité à s’imaginer ce qu'il pouvait y avoir autour du photographe, des bruits, des couleurs, des odeurs parfois.

Nous le répétons chaque année, et cela se vérifie encore une fois, ce festival mérite des éloges dithyrambiques.